
Pourquoi avoir lancé le programme “Cap sur le parc” ?
Charlotte Sugliani : Le programme est né après la mise en service du parc éolien en mer de Saint-Nazaire, dans un contexte où le projet suscitait un fort intérêt du public. L’idée a alors émergé d’utiliser le parc comme un outil pédagogique direct, en s’adressant plus particulièrement aux lycéens du territoire.
En 2024, l’action a d’abord été lancée à l’initiative du Parc éolien en mer de Saint-Nazaire, avec l’obtention d’un partenariat avec le rectorat de Nantes pour cibler les élèves de l’Académie suivant des formations pouvant les mener vers les métiers de l’éolien. Les éditions suivantes s’inscrivent dans la continuité de cette première expérience : en 2025 et 2026, l’opération est intégrée au cadre du Campus des métiers et des qualifications d’excellence Energies Durables en Pays de la Loire, avec le soutien de France 2030. Cette démarche permet de consolider une action à la fois pédagogique, territoriale et tournée vers les perspectives professionnelles du secteur éolien, en particulier en mer.
En quoi le parc est-il un bon outil pédagogique ?
CS : L’objectif est d’abord de sensibiliser les élèves aux enjeux de la transition énergétique à partir d’un exemple concret. Le parc de Saint-Nazaire permet d’aborder la production d’électricité renouvelable, la technologie de l’éolien en mer et les différentes étapes d’un projet, de la conception à la maintenance.
Les visites permettent également de présenter les multiples dimensions du parc : son installation, son exploitation, les enjeux environnementaux, ou la coactivité en mer avec les plaisanciers ou les pêcheurs professionnels. L’intérêt du programme est de sortir d’une approche uniquement théorique pour montrer aux élèves un projet réel, installé sur leur territoire, et directement lié aux formations qu’ils suivent.
Quels élèves sont concernés par ces sorties en mer ?
CS :Le dispositif s’adresse aux élèves de l’Académie de Nantes engagés dans des formations techniques. Ils préparent des CAP en mécanique, chaudronnerie, soudure ou électricité, bacs professionnels liés à la maintenance, à l’énergie ou à la transition numérique, mais aussi des filières technologiques comme STI2D (baccalauréat technologique Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable). Ce sont des parcours directement connectés aux besoins de la filière de l’éolien. L’enjeu est donc de montrer aux élèves les perspectives professionnelles auxquelles leurs formations peuvent les conduire, en leur ouvrant la porte d’un secteur concret et déjà présent sur leur territoire.
Comment le programme est-il organisé concrètement ?
CS :L’organisation repose sur un travail collectif. Le Campus des métiers et des qualifications d’excellence Energies Durables en Pays de la Loire, avec le rectorat de Nantes, cible et mobilise les établissements scolaires. Les visites sont ensuite coordonnées avec notre partenaire Exirys à qui nous confions les groupes qui souhaitent visiter le parc. Ils ont assuré les inscriptions de la trentaine de classes, préparé les aspects logistiques, et assuré les commentaires en mer. Les sorties se font au départ de La Turballe, avec la compagnie Navix qui est notre partenaire depuis les premières visites du parc.
Cette année, quatre jeudis ont été dédiés aux visites, entre fin avril et fin mai, avec deux rotations par jour, le matin et l’après-midi. C’est une logistique assez fine, parce qu’il faut tenir compte du transport des élèves qui viennent de toute la région, des contraintes météo, des capacités d’accueil et du temps nécessaire pour que la visite reste réellement pédagogique. Des supports pédagogiques préparés par le pôle Communication d’EDF power solutions sont aussi transmis aux enseignants en amont, notamment des vidéos et des portraits métiers, pour préparer la sortie en classe.
Que dit cette démarche du lien entre le parc, le territoire et les jeunes ?
CS :« Cap sur le parc » repose d’abord sur une convergence d’intérêt entre les jeunes, qui veulent « du concret », les établissements de formation, qui ont une double mission d’apprentissage et d’orientation, et le parc. En effet, nous sommes exploitant mais nous avons aussi une mission plus large : faire du parc un outil au service du territoire, capable d’informer, de sensibiliser et de rendre la transition énergétique plus concrète.
Cette mission prend un sens particulier à Saint-Nazaire, premier parc éolien en mer de France, qui occupe une place à part. C’est à la fois une centrale de production d’électricité, une vitrine pour une nouvelle filière industrielle et un acteur économique local, avec plus de 100 emplois directs à La Turballe. Cette position amène le parc à répondre aux nombreuses sollicitations des acteurs locaux, qu’ils soient politiques, éducatifs ou associatifs pour qu’il soit aussi un outil au service de leurs actions.
C’est dans cet esprit que s’inscrit “Cap sur le parc”. En embarquant les élèves en mer, le parc se transforme en support d’apprentissage direct. On y parle d’avenir professionnel, mais aussi d’énergie et de territoire, à partir d’un projet déjà présent au large de Saint-Nazaire.
En conclusion, “Cap sur le parc” dépasse la simple visite… C’est un outil de sensibilisation et de projection. Rendez-vous l’année prochaine pour le renouvellement de l’action !